03.09.2009

Cachés ... Coucou!

Chers amis,

 

Cela fait trois mois que nous n’avons rien écrit sur ce blog, vous n’aurez sûrement reçu aucun mail de nous, pas de coup de fils, rien, silence radio. Rassurez vous, vous ne faites pas partie des défavorisés de notre correspondance, nous venons juste de traverser un été de turbulences généralisées. Nous nous sommes installés tous les quatre à Nantes pour de bon le dimanche 30 Août. Voici donc en résumé le récit de la transition.

 

Dernières heures Londoniennes

 

Londres nous paraît déjà loin. Nous nous souvenons déjà avec nostalgie des quatre années de bonheur que nous y avons vécu, de ces grandes étapes de la vie que nous y avons franchies, de toutes ces belles amitiés tissées, de mille détails de notre vie quotidienne britannique, et aussi de cette ville immense, de ses quartiers, de ses monuments, de son ambiance particulière.. nous réalisons finalement que nous aimons beaucoup Londres et que les moments durs, la grisaille et les petites galères sont déjà presque oubliés. Ce qui m’amuse est que je n’ai pas du tout aimé Londres à notre arrivée, je me sentais agressée par cette ville que je ne trouvais même pas belle. Comme toujours il faut faire confiance au temps !

Notre départ a été énormément facilité par l’incroyable disponibilité de nos amis de Pimlico. Ils ont gardé Antoinette tant et plus, nous ont prêté mille choses, nourri même et surtout beaucoup détendu. A l’époque faire nos cartons et les démarches administratives de départ de l’appartement et du pays nous paraissaient le plus difficile – nous avons ensuite découvert que c’était la partie la plus facile – mais à notre décharge nous avions notre nouveau-né Timothée qui pleurait tout le temps torturé par ses maux de ventre et notre Antoinette dont le plus grand plaisir était de disséminer au quatre coins de l’appartement les affaires triés ou déjà en carton. Ceci dit nous n’avions aucun meuble à nous et le nouvel employeur de Kévin nous a payé les services d’une entreprise de déménagement donc les choses furent rapides.

Notre grande préoccupation était de bien partir, c'est-à-dire de prendre le temps de dire au revoir à tous nos amis et collègues londoniens. Le plus déchirant fût de quitter la paroisse et tous ces gens plus ou moins proches de nous et qui ont donné tant d’authenticité et de vérité à notre expérience à Londres.

Vendredi 12 juin, retour en France en Eurostar avec nos deux enfants, le landau, le sac à dos porte enfant, le chien d’Antoinette en laisse, quatre sacs, le costume de Kévin et la perceuse sur accu dans sa mallette métallique…bien évidemment nous avions réussi à oublier de donner au déménageurs cet objet qui réuni les toutes qualités : lourd, encombrant, facilement volable et compliqué à passer en douane. Nous sommes malgré tout arrivés sans réel problème (autre les heures passées dans les sas de train à calmer Timothée, Antoinette elle s’occupant toute seule en allant rencontrer les autres passagers du train) à Laval où les parents nous ont requinqués pendant deux jours. Car après les aventures londoniennes, place  aux épisodes nantais.

 

Processus d’atterrissage

 

Kévin a commencé son travail à Nantes le lundi 15 juin alors que je me mettais en recherche d’un appartement et qu’Antoinette était gardée par ses grands parents Anouchka et Bon Chacha à Laval. Nous étions confortablement logés-nourris-blanchis par les grands parents Meyckiechel (grands parents maternels de Kévin) non loin de Nantes. Nous étions assez optimistes sur notre capacité à trouver un appartement en une journée. Il en aura finalement fallu trois, trois jours plutôt exténuant à courir les rues de Nantes avec Timothée qui a eu ces tétés un peu partout y compris sur les trottoirs à attendre des rendez-vous. J’ai tout de même savouré à quel point Nantes est une ville où il fait bon vivre. Nous avons beaucoup de chance. Une fois l’appartement trouvé, nous avons constitué notre dossier qui comprenait une bonne cinquantaine de documents dont tout ce que qu’il est possible de demander à nos parents comme pièces justificatives en tant que caution, y compris la couleur de leurs sous-vêtements. Puis le dossier fût étudié, puis le propriétaire à pris son temps, puis nous avons négocié le loyer car il y avait pas mal de re-décoration à faire dans l’appartement, puis le propriétaire a réfléchi, puis nous nous sommes mis d’accord, puis il a fallu signer beaucoup de choses en beaucoup d’exemplaires, puis il a fallu faire signer à nos parents tout autant de choses et finalement nous sommes rentrés dans notre appartement le 21 Juillet. Le lendemain notre déménagement a débarqué. Il tenait dans la moitié d’une chambre, un tout petit déménagement en somme. En même temps est arrivé la maman de Kévin pour deux jours très très intenses de peinture. A deux nous avons entièrement repeint notre (grand) séjour - salle à manger - cuisine et deux chambres. Je suis extrêmement fière de nous et du résultat, d’autant plus que je n’avais pas vraiment fait de peinture avant – vous imaginez donc le talent de Blandine Guézo. Et puis c’est une occasion en or de passer deux jours complets et exclusifs avec sa belle-mère en tenue de bricolage à papoter de tout et de rien !  La journée de peinture tout juste terminée et Kévin rentré du travail nous partions tous les deux pour nos aventures dans les grands centres commerciaux. En une soirée nous nous sommes équipés des pieds à la tête en électroménager. Le soir suivant nous avons rempli le minibus Labadie chez Ikéa, en dépit du fait que nous voudrions trouver des meubles autre que Ikéa…mais c’est malgré tout le plus pratique. La difficulté de cet emménagement pour nous est que nous sortons d’un petit appartement entièrement meublé et que nous rentrons dans un appartement beaucoup plus grand et particulièrement pas meublé. Il nous faut donc tout acheter et installer jusqu’aux plus petits accessoires bien utiles comme le porte papier toilette. On n’y avait jamais pensé avant ! Heureusement nous avons été immensément aidés par nos parents – que ferions-nous sans eux ? – et puis beaucoup d’autres qui nous ont dépanné qui d’un lit, qui d’une expertise bricolage, qui d’un suivi médical à la carte.

 

Entre temps j’ai aussi retrouvé notre Antoinette et avec Timothée et Maman nous avons partagé notre temps entre Laval et le bord de mer pendant que les papas travaillaient et nous rejoignaient le week-end. Nous avons eu la joie de croiser ici et là les parents de Kévin bien sûr, les frères et sœurs, la famille Meyckiechel presque au grand complet, oncles, tantes, cousins, amis, au hasard des parcours des uns et des autres. La Bretagne (historique bien entendu) est devenue le cœur de notre vie ce qui tombe bien car il semble que c’est sur le chemin de beaucoup d’entre vous – chouette ! Nous vous encourageons aller voir nos photos pour plus de détails sur nos pérégrinations estivales.

 

Et qu’on se le dise vous êtes tous attendus impatiemment à Nantes !

25.05.2009

Et puis Timothée est arrivé

Très chers amis,

Il y a déjà deux semaines, le vendredi 8 mai 2009, à 00h45 exactement, notre petit Timothée est né.

Tout a commencé le jeudi matin. J’avais un rendez-vous de suivi de routine avec mon équipe d’obstétriciens-cardiologues (car mon cœur est un tout petit peu plus faible que la moyenne). Je m’y rends avec mon Antoinette et mon énorme ventre, et après une classique histoire de bus foireux, je finis par aller à l’hôpital au pas de course, soit 3km en 25 minutes pour être à l’heure, et j’y arrive à bout de souffle et de jambes. Les médecins ont naturellement été alarmés par l’état de mon cœur et ont donc décidé de provoquer la naissance du bébé. (La morale est qu’il ne faut pas courir chez un cardiologue - cela peut évidemment paraître trivial). Dès lors, bran le bas de combat : Kévin rentre en vélo de son lieu de travail, récupère les sacs des uns et des autres, prend au passage Florence, une amie du quartier qui à l’hôpital récupère Antoinette pour la garder. Malgré tout ce n’est qu’à 18h30 que l’on me perce la poche des eaux. Nous avons eu la chance que cela suffise à provoquer les contractions. La sage-femme qui s’occupait de nous était charmante et bavaroise – de bonne augure donc ! Pour accompagner le début des contractions nous avons cette fois-ci choisi Tintin et le Sceptre d’Ottokar. Nous avons aussi admiré le charisme des médecins ; il n’y a pas à dire un médecin est un beau gosse. Puis à minuit tout s’est accéléré et le bébé est vite arrivé. Une naissance c’est réellement très douloureux mais tellement magique et merveilleux. Difficile à décrire.

Timothée est beau à croquer et très gentil. C’est notre avis objectif de parents. Nous sommes complètement sous le charme de ce nourrisson adorable. Il mange comme un glouton. Scenario différent de Antoinette. Ce sera un gaillard notre fils.

Je suis restée jusqu’au lundi soir suivant à l’hôpital (en attendant une échographie du cœur, le service étant fermé le week-end). Les dortoirs à 6x4 c’est une sacrée expérience. Kévin pendant ce temps a tenu la maison, géré Antoinette et nos relations publiques, tout en passant le plus de temps possible avec Timothée et moi. Il a maintenant son chamois d’or de papa. Et puis nous avons pu compter sur nos amis de Pimlico qui ont assuré le relais-garde d’Antoinette. Elle s’est en plus beaucoup amusée.

Depuis nous savourons le bonheur d’une nouvelle vie à quatre. Les journées sont bien pleines évidemment. Kévin et moi avons parfois la sensation d’être la « team parents ». Nous nous amusons devant la pile de couches changées qui s’accumule tous les jours. Mais les choses se font naturellement et plus facilement que nous l’aurions pensé (avouons que nous avons laissé tomber le repassage !). Antoinette est en super grande forme. Elle a pris un coup de vieux avec l’arrivée de Timothée. Ces trouvailles, mimiques et bêtises sont sans fin. Elle est gaga de son petit frère, ce qui est super chouette.

Kévin a trouvé un travail quelques jours avant la naissance de Timothée. Notre nouvelle destination est donc Nantes ! Kévin rejoint le Crédit Mutuel de Bretagne au sein de la salle de marché régionale en plein développement. Il vendra des produits financiers plus classiques à une clientèle d’entreprises ce qui lui plaît beaucoup. Nous quittons donc Londres le 12 Juin pour de nouvelles aventures, et laissons derrière nous près de quatre ans de souvenirs britanniques.

Nous préparons donc activement notre déménagement et essayons de profiter à fond de nos derniers jours Londoniens. Cette semaine notre grand projet est une visite du zoo de Londres. Antoinette va se régaler ! Notre prochaine note sera sûrement écrite en France … douce France que nous sommes tout excités de retrouver. Nous espérons voir beaucoup d’entre vous un peu plus souvent.

Salutations affectueuses de Fanny, Kévin, grande Antoinette et bébé Timothée

06.01.2009

Virage

Voici que 2009 est arrivé avec toutes ses promesses, et nous vous souhaitons, chers lecteurs, une très bonne année.

Nos va-et-viens
En Novembre nous avons eu le bonheur de passer six jours en Bavière, a Munich, ou nos amis Fichefeux (Astrid, Bruno, Philippe et Antoine … les familles s’agrandissent !) nous ont accueillis avec brio. Ce fut pour nous un bol d’air frais, de joie et d’amitié au cœur de ce mois toujours un peu gris et maussade. Munich est devenue notre destination préférée de vacances et nous commençons a bien nous y retrouver. Nous avons alterné grandes ballades en campagne et au bord des lacs, gouters dans les traditionnelles Gasthäuse, visites de musées, et promenades dans les belles rues de Munich. Il est devenu très agréable pour nous de partager avec des amis le rythme de vie des enfants. Lever, repas, jeux, toilette, coucher. Les Fichefeux ont eu la gentillesse de s’accommoder des réveils quotidiens d’Antoinette à 4 heures du matin ! La vie a 7 dans un appartement de deux chambres fut presque facile.


En Décembre nous nous sommes rendus dans les Alpes (le Vercors plus précisément) pour fêter Noel avec la famille Labadie au grand complet plus nos cousins Fromageot. Nous étions vingt dans un super chalet pour une semaine décapante de neige, de ski, de luge, de promenades, de musique, de chant, de jeux, de grandes discussions, de fraternité, de cadeaux bien choisis et de gastronomie familiale. Pour une fois en pres de deux ans nous avons eu beaucoup de chance avec la météo et avons savouré un soleil tant désiré et fort peu au rendez-vous chez nos amis les Anglais. Avec tout ce monde Antoinette a fait un bond énorme dans son éveil. Elle montre son nez a qui le lui demande (et certain lui ont demandé souvent), fait des bisous, dit presque « chien », et comprend tout ce qu’on lui dit. Nous sommes complètement impressionnés. A notre grande surprise notre petite fille est bavarde. Elle fait de grands discours parfois très fort même mais elle seule se comprend. Nous nous rigolons. Kevin a eu le bonheur de faire deux Monopolys pendant les vacances ce qui le comble plus que tout. Cette année nous avons réussi a ne pas nous fâcher en jouant. Personnellement j'ai pris le temps de ne rien faire. C’est très agréable.

Nous sommes donc revenus à Londres complètement revigorés, et avons passé une semaine tous les trois en vacances chez nous. Nous en avons donc profité pour nous mettre à jour de mille choses et avons savouré ce temps tout simple en famille, les uns pour les autres. Cela fait trois ans et demi que nous vivons dans notre appartement qui ne vieilli pas très bien ou alors a qui nous trouvons de plus en plus de défauts. Toujours est-il que chez nous il n’y a aucune isolation et que nous sommes chauffés uniquement par un petit chauffage électrique portatif. Donc nous nous couvrons bien et inspectons régulièrement les murs et les placards pour nettoyer les débuts de moisissure ! L’Angleterre voyez-vous est un pays assez humide ! En attendant notre Antoinette est une force de la nature. Le froid ne la gêne pas et elle n’a jamais été malade. La vie a la dure ca a du bon.

La semaine prochaine Kevin et moi passons cinq jours a Rome tous les deux. Il parait que c’est bon pour l’équilibre de couple alors nous nous y résignons ! Nous passons déposer et reprendre Antoinette à Ploërmel qui est sur la route. C’est une super occasion de passer un peu de temps avec les Guézo.

Bonnes et mauvaises nouvelles
- Apres des mois d’hécatombe dans les systèmes financiers et dans la City, des semaines d’incertitudes et de doutes sur l’avenir de RBS (Royal Bank of Scotland) et des marchés financiers, Kevin a été officiellement licencié juste avant Noel. RBS a été nationalisée suite a ses déboires qui font un magnifique cas d’école de plantage stratégique et la nouvelle orientation fut accompagnée de vastes vagues de licenciements qui ne font que commencer. Nous nous y attendions très fortement et savions que le tout dans le tout c’était la meilleure solution qui nous obligerait à rebondir. Le métier que Kévin faisait n’existe presque plus, ses clients ont soit fait faillite ou n’ont plus d’argent à investir, et cela était devenu inintéressant et démotivant de travailler dans cet environnement. Il y a plein de métiers liés a l’expérience de Kévin qui l’intéressent beaucoup et ou il s’épanouirait plus. Et puis nous avons très envie de découvrir de nouveaux horizons géographiques … le Québec, l’Allemagne, la Suisse, ailleurs ?. Nous rêvons de nous lancer dans de nouvelles aventures culturelles et professionnelles. Ceci dit nous sommes maintenant devant une vaste page blanche. Kévin s’est mis à sa recherche d’emploi ce matin. Il faut se prendre en main, avancer, s’organiser. C’est excitant et effrayant à la fois !

- Il y a un mois, j’ai vu la Reine dans son carrosse alors qu’elle descendait le Mall pour se rendre au Houses of Parliament et ouvrir les sessions parlementaires. Je lui ai fait coucou. Et je crois qu’elle m’a répondu. C’est maintenant une bonne amie. Ce fut un moment charmant, tout a fait British, c'est-à-dire parfaitement contenu. Saint James Park était plongé dans une fine brume, un petit cordon de spectateurs s’était collé le long des barrières pour saluer le cortège et un nombre impensable de « Bobbies » surveillait le tout sans un bruit. Les gardes de la Reine (ceux avec les grands chapeaux en poils d’ours) ponctuaientt le parcours tous les deux mètres. La Reine est passée au son du « God Save the Queen » dans une ambiance très civilisée, sans cris ni bousculades, juste de discrètes salutations de la main. Cela m’a laissé une impression très agréable. La tradition britannique a bien des charmes. Dommage qu’elle ne soit plus présente à Londres !

- Nous attendons un deuxième enfant pour début Mai. C’est une immense joie et une grâce que nous ne nous lassons pas de contempler. Notre bébé se porte bien d’après l’échographie que nous avons passée lundi dernier. Il bouge déjà pas mal. Je grossi bien plus vite que pour Antoinette et suis maintenant une vrai femme enceinte ! Nous ne savons pas ou se bébé naitra. C’est une surprise ! Mon ambition de faire une étude comparative des différents systèmes de santé est fort vivace.

Voici un aperçu relativement exhaustif de l’état de notre vie au début de cette nouvelle année.
Nous sommes toujours impatients de recevoir de vos nouvelles sous quelques formes qu’elles nous parviennent. Vote amitié nous est précieuse. Salutations affectueuses et a bientôt.